Hors les murs

A l’heure où elle quitta Le Tampon (1980) pour être appelée dans la capitale,, hormis le théâtre en plein air de Saint-Gilles, excentré, se trouvaient disponibles des salles de patronage à partager avec d’autres (salle Saint-Jean ou saint-Bosco à Saint-Denis), c’est pourquoi la compagnie investit dès 1981 la halle du Grand-Marché de la ville, épisodiquement puis de façon permanente. Vinrent ensuite en 1987 une salle à l’italienne, le Cinérama de La Possession, puis en 1991 une halle industrielle, l’Espace Jeumon, Si elle ne dédaigna jamais les représentations » à l’italienne » la compagnie, avec le talent du scénographe Hervé Mazelin, se fit une spécialité de jouer dans des espaces non dédiés au théâtre, marchés, gymnases, réfectoires, cours d’école, parkings, terrains de sport, jusqu’à une halte ferroviaire avec de vrais trains pour Lepervenche en 1990. Enfin la troupe créa des fêtes urbaines organisées pour la plupart par Emmanuel Cambou où le théâtre, la musique, les arts plastiques et la cuisine investirent l’espace public : Sauvez Vollard au Barachois, Fête Marcel, Mille Bougies, La Belle Étoile, etc.

Marie Dessembre

Première création au Grand-Marché de Saint-Denis, Marie Dessembre se jouait dans un espace vide de la halle encore occupée par les bazardiers, sur un plateau circulaire (récupération du soleil en contreplaqué de Tempête au théâtre de Saint-Gilles en juin 1981), des gradins de cirque, une entrée de scène surmontée d’un balcon pour l’orchestre. Cette configuration permit notamment de jouer la pièce dans un gymnase en juillet 1982 à Saint-Benoit. Des représentations en plein air au musée de Villèle eurent lieu en 1989 et 1990, utilisant la varangue, la terrasse et le jardin de ce lieu historique.

Nina Ségamour

Deuxième création en 1982 au Grand-Marché, Nina Ségamour reconstituait un hôtel avec son bar et des tables rondes où l’on distribuait du punch, une piste de danse et une estrade pour l’orchestre, un mini théâtre et un escalier surmonté d’une enseigne lumineuse « Hôtel Métropole ». La configuration permit de jouer en plein air à Marseille et Martigues en juillet 1983, dans des gymnases à La Réunion et notamment au Festival des Francophonies en Limousin en octobre 1984.

L’Orféo

Première mise en scène moderne d’opéra à La Réunion (Le théâtre de Saint-Denis ayant brûlé en 1919), L’Orféo se créa dans une mise en scène d’E.Genvin en juillet 1982 en plein air (centre ville de Saint-Denis) au parking Rontaunay ceint de murs délavés.

Torouze

Troisième création en 1984 dans la halle du Grand-Marché, Torouze possédait une scène frontale et des passerelles de circulation pour les comédiens au milieu du public. Le lieu était entouré de grandes toiles décoratives. L’espace scénique put être reconstitué en plein-air à Sainte-Marie et au Port (Réunion) puis dans des gymnases et réfectoires à Saint-Quentin en Yvelines et Limoges en 1985.

Étuves et L’Esclavage des Nègres

Dans Étuves en 1988, le décor d’Hervé Mazelin partait du sol, les spectateurs s’installaient en coulisses, une fête républicaine avait lieu dans les jardins du théâtre, permettant au spectacle de se jouer dans des espaces ouverts : cour de La Citadelle de Port-Louis à Maurice, un gymnase avec chapiteau à Limoges, au Grand-Marché de Saint-Denis lors d’un retour dans la capitale en 1989, au Botanique de Bruxelles en 1990. L’Esclavage des Nègres d’Olympe de Gouges, pièce complémentaire d’Étuves et utilisant le même dispositif fut jouée en plein air au festival Art Mafate et dans un terrain vague à Mayotte en 1989.

Lepervenche

Sans doute le sommet « hors les murs » de Vollard en 1990. Transportés en micheline depuis La Possession, les spectateurs de Lepervenche s’installaient dans des gradins en plein air devant le décor naturel de la halte ferroviaire et trois voies de la Grande-Chaloupe, les décors étaient installés sur des wagons, la régie était effectuée par de vraies locomotives. Le spectacle fut reconstitué en métropole dans un dépôt SNCF à Trappes en 1996 (les spectateurs parisiens étaient transportés depuis la gare Montparnasse) puis sur un quai de la Sernam à Ivry-sur-Seine en 1997.

Votez Ubu Colonial

Créé en 1994 dans la halle de Jeumon, le décor de Votez Ubu Colonial était constitué, partant du sol, d’une scène frontale (la cuisine), d’une scène arrière (la Jamaïque) et de passerelles au milieu du public. Les spectateurs, infantilisés, étaient installés sur des tables et bancs de réfectoire de maternelle. Le dispositif fut reconstitué en 1995 et 1996 en plein air aux îles du Frioul à Marseille, sous chapiteau place de Stalingrad à Paris, dans une cour de lycée à Laval, au théâtre Jean-Vilar de Vitry.

Quartier Français

En 2002 Quartier Français faisait circuler des automobiles sur scène nécessitant un espace approprié : vaste parking à Saint-Leu, en 2003 halle de Jeumon portes grandes ouvertes, cour de l’usine de Quartier Français, terrain de sport à Saint-Joseph, en 2004 halle d’exposition au Port.

Opéra Maraina

Créé « à l’italienne » en 2005, l’opéra Maraina fut l’objet d’une représentation en plein en juillet 2007 au Camp Flacourt de Fort-Dauphin à Madagascar et en place publique sur le front de mer de Saint-Paul de La Réunionen 2009.

Opéra Chin

Créé « à l’italienne » au théâtre de Champ Fleuri, Chin fut l’objet d’une représentation en mai 2011 à la Halle d’exposition du Port et d’une autre en plein air dans la cour de l’usine sucrière Stella Matutina de Saint-Leu.