Née en 1979 au Tampon la compagnie prend le nom du réunionnais Ambroise Vollard en hommage à l’éditeur et marchand de tableaux compagnon d’Alfred Jarry. Le théâtre Vollard est la Compagnie phare du renouveau théâtral des années 80 et 90 à La Réunion avec une trentaine de créations dans un style festif et métissé (Marie-Dessembre, Nina Ségamour, Etuves, Lepervenche, Votez Ubu Colonial, Séga Tremblad, etc), des fêtes urbaines, des concerts. La compagnie a créé des lieux nouveaux, Grand marché aujourd’hui Centre Dramatique, Cinérama de La Possession et Espace culturel Jeumon à Saint-Denis et tourné maintes fois à l’extérieur. En 30 ans comédiens et chanteurs se sont produits 1960 fois devant 460 000 spectateurs.
Depuis 2003 avec Maraina et Chin, le théâtre Vollard se tourne vers l’art lyrique et la création d’opéras d’outremer.
Les photos téléchargeables en haute définition sont disponibles en bas de page rubrique presse.
En 1955 à La réunion, un ancien pétainiste, Monsieur Roger, fait appel aux Rouges et au fils du Docteur Papa, Chin (prononcer « Chine »), pour sauver son usine de Bel Air. Après le succès de Maraina, opéra franco-malgache créé en 2005, Chin est la seconde création lyrique du tandem Jean-Luc Trulès / Emmanuel Genvrin. Le livret s’inspire d’un épisode authentique : en 1955 l’alliance du « rouge » Paul Vergès et du sucrier René Payet pour sauver l’usine de Quartier Français. « Chine » ou « le Chinois » fut le surnom de Paul Vergès dans sa jeunesse car d’origine asiatique par sa mère. Il évoque aussi les tentations maoïstes des mouvements communistes de la décolonisation ainsi que la présence à La Réunion d’une communauté chinoise influente. Ce thème a fait l’objet d’un spectacle de théâtre par la compagnie Vollard en 2002, jamais sorti de l’île, et d’un projet de téléfilm avec Yves Boisset. Au milieu d’un ballet « d’auto-lontan » un chœur chantait sur scène mené par la mezzo réunionnaise Natalia Cadet. C’est ce « Quartier Français » partiellement chanté qui a donné l’idée aux auteurs de se lancer désormais dans l’écriture d’opéras. Après Maraina sur l’origine franco-malgache des premiers Réunionnais, les auteurs reprennent ce thème d’un conflit sucrier à La Réunion en 1955. Opéra singulier par son livret, Chin traite d’une histoire occultée et méconnue des DOM TOM : le grand mouvement de décolonisation d’après guerre qui a donné naissance dans les îles à des tentations indépendantistes, autonomistes et maoïsantes. Il a créé un communisme tropical, un communisme de la canne à sucre dont l’imagerie trouve son apothéose dans la révolution cubaine 3 ans plus tard.
Chin est un opéra d’outremer « populaire » et accessible au plus grand nombre avec sa « couleur » musicale métissée, son orchestre de l’Océan Indien et ses chanteurs lyriques issus de la diversité.
Sa partition ouvre des perspectives intéressantes et inexplorées en intégrant au classicisme occidental y compris contemporain des modes Indiens, chinois et malgaches.
Lire le livret-programme
Représentations publiques de Chin le samedi 10 avril 2010 à 20h, le dimanche 11 avril à 17h au théâtre de Champ-Fleuri de Saint-Denis de La Réunion. Tournée en mai 2011 à La Réunion. En métropole en octobre-novembre 2011.
1h50 avec entracte, texte franco-créole surtitré. Direction musicale Jean-Luc Trulès, mise en scène Emmanuel Genvrin, scénographie Hervé Mazelin, costumes Térésa Small et Laurence Julien. Avec 7 solistes professionnels de renom autour de Jean Philippe Courtis, Anne-Marguerite Werster et Aurore Ugolin, l’orchestre de l’Océan Indien (24 musiciens) rassemblant des instrumentistes de La Réunion, Madagascar, Maurice, Chine et de l’Orchestre de l’Opéra de Massy (France), un chœur de 18 chanteurs de La Réunion et Madagascar sous la direction de Landy Andriamboavonjy.
« On s’incline devant l’originalité, voire le culot de l’entreprise. Emmanuel Genvrin signe ici un livret puissant et complexe où s’entrecroisent intérêts publics et destins individuels. Il faut souligner les grands progrès accomplis depuis Maraina par le compositeur Jean-Luc Trulès. La richesse et la diversité sont toujours là mais l’écriture a gagné en fondu, en fermeté, en variété dans l’orchestration » [Thierry Guyenne, Opéra Magazine]
« Alternant tableaux politiques et des scènes intimistes révélant les tourments intérieurs des personnages, Emmanuel Genvrin campe une mise en scène captivante et rythmée. A l’orchestre Jean-Luc Trulès nous livre ici une partition moderne où l’ambiance musicale quasi cinématographique prime sur les mélodies entêtantes. Une véritable ode à la liberté qui pourrait servir de référence à un classicisme créole » [Yoan Guilloux, Le Journal de l’Île]
« Comment ne pas souligner l’importance des deux représentations de Chin ce week-end à Saint-Denis et ne pas tirer quelques enseignements de ce spectacle hors du commun ? Et comment ne pas saluer la qualité et l’ampleur du travail accompli par Emmanuel Genvrin, Jean-Luc Trulès et tous les artistes créateurs de cette œuvre ? » [Lucien Bieninger, Témoignages]
« Chin, opéra métissé et provocateur. Emmanuel Genvrin et Jean-Luc Trulès ont, de nouveau, associé leurs talents pour créer un opéra contemporain. L’œuvre donne vie à un leader communiste, rebelle, amoureux et fin stratège, qui partira à Mafate les armes à la main. Remarquable » [Jean-Noël Fortier, Le Quotidien de La Réunion]
articles de presse :
Chin à Saint-Denis de La Réunion. Opéra Magazine, Thierry Guyenne, juin 2010
Opéra métissé et provocateur, Le Quotidien, Jean-Noel Fortier, avril 10
L’opéra pas toc, JIR, Y.G avril 10
Prenons en main notre avenir,Temoignages, Lucien Biedinger, avril 10
Le message est celui de l’émancipation. Témoignages avril 10