« En 1993, le président du conseil général de La Réunion, plusieurs maires et " gros zozos " sont mis en examen par la justice. Une révolution dans une île où règnent depuis toujours l’impunité et le copinage. Ambroise Vollard en parlait déjà dans son " Ubu Colonial " de 1900. Pourquoi ne pas ressusciter Ubu dans La Réunion d’aujourd’hui ? La préparation du spectacle nous fit beaucoup rire : on avait même édité un vrai-faux journal à scandales et l’affiche était la réplique d’une affiche électorale. Cela n’a pas été du goût des financeurs. En sortant de la représentation, les officiels faisaient une tête d’enterrement. Je me souviens du directeur régional des affaires culturelles qui disait : " Vollard, c’est fini ". Les critiques locaux prirent peur. Au festival Paris Quartiers d’Été, le spectacle provoqua un véritable engouement du public. Depuis, cet Ubu est une sorte de référence… » E.Genvrin
résumé
« Branle-bas de combat chez Marcelle, un petit restaurant de Saint-Denis de La Réunion. Belbel, un portier obèse et stupide, a décidé de se faire élire roi de l’île. La mère Marcelle, intéressée par les retombées financières, organise les élections, aidée par tout le personnel. Le public siffle, applaudit ou hurle de rire devant ce potentat qui décide que son peuple doit faire tatane (glander) afin que l’on puisse mieux lui ponctionner " l’argent braguette " et " l’argent gratuit " envoyé par la " grosse mère poule " (la métropole). Grâce à un dispositif scénique astucieux, acteurs et public sont mêlés. Les comédiens distribuent des bulletins de vote, chantent et dansent, défilent en fanfare et font même le service ! Car une centaine de couverts sont dressés pour les spectateurs qui ont choisi une place avec repas. » [Bernard Génin, Télérama]. La pièce a été imprimée aux éditions Grand Océan.
le programme
représentations
Créé le 13 juillet 1994 à Jeumon. Joué à Saint-Pierre, au Festival des îles à Marseille, à Paris Quartiers d’Été sous chapiteau en juillet-août 1995, repris place de Stalingrad pendant l’hiver, aux Uburlesques de Laval et au théâtre Jean Vilar de Vitry en septembre-octobre 96. 83 représentations devant 14 000 spectateurs.
La presse
« Truculent et irrésistible Votez Ubu Colonial. C’est en début de soirée et on s’y amuse plus que n’importe où ailleurs » Éric Dahan [Nuits blanches, Libération]
« Un véritable jeu de massacre pour la classe politique locale et un plaidoyer hilarant pour une " opération mains propres " dans l’île » [Le Provençal]
« Une satire réunionnaise où Emmanuel Genvrin n’y va pas par le dos de sa gidouille » Marc Laumonier |Libération]
« Sous les tropiques, il y a autant de requins sur l’île que dans la mer. Ubu Colonial renoue avec le vrai et bon théâtre populaire » [Le Quotidien de Paris]
« On peut regretter le bref amalgame fait par Emmanuel Genvrin entre l’affaire de l’endiguement de la Rivière-des-Galets et les véritables affaires de corruption » Lucien Biedinger [Témoignages]
« La troupe réunionnaise renoue ici avec un théâtre politique dont on a pu juger l’insolence et l’humeur festive la saison dernière » ML [Libération]
« Emmanuel Genvrin dénonce avec une belle constance les us et coutumes de la politique locale ainsi que celle de la grosse-mère-poule (la métropole). Il comble ainsi le fossé entre la scène et la ville » Pierre Hivernat [Les Inrockuptibles]